Des groupes juifs canadiens dénoncent le retrait de l’envoyé chargé de l’antisémitisme en faveur d’un conseil consultatif sur les « droits, l’égalité et l’inclusion »

Des groupes juifs canadiens dénoncent la décision du gouvernement de remplacer les envoyés antisémites et islamophobes du pays par un nouveau conseil « Droits, égalité et inclusion ».

Le nouveau conseil consultatif, annoncé mercredi par le gouvernement canadien, est présenté dans un communiqué de presse comme visant à « favoriser la cohésion sociale, rallier les Canadiens autour d’une identité commune, combattre le racisme et la haine sous toutes leurs formes et aider à orienter les efforts du gouvernement du Canada ».

Le communiqué de presse indique que les personnes nommées seraient « des Canadiens éminents du monde universitaire ainsi que des experts et des dirigeants communautaires » nommés à un moment donné dans le futur.

« Le nouveau Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion contribuera à bâtir un Canada plus inclusif et uni, fondé sur nos valeurs communes, fortement axé sur l’implication communautaire et ancré dans la conviction que bien plus nous unit que ne nous divise », a déclaré Marc Miller, le ministre canadien de l’Identité et de la Culture, dans un communiqué.

Cette annonce intervient plus de six mois après la démission brusque de la dernière émissaire antisémitisme du pays, Deborah Lyons, se disant épuisée par « le fait qu’il était difficile d’amener les gens à s’exprimer » sur l’antisémitisme au Canada. Le rôle de l’antisémitisme incluait également la responsabilité de la commémoration officielle de l’Holocauste au Canada.

Le mois dernier, Simon Wolle, PDG de B’nai Brith Canada, a demandé que le poste soit pourvu immédiatement dans un contexte de montée de l’antisémitisme, déclarant aux journalistes : « L’absence du poste porte atteinte à la réputation internationale du Canada et témoigne d’un manque d’engagement dans la lutte contre l’antisémitisme. »

Richard Robertson, directeur de la recherche et du plaidoyer de B’nai Brith Canada, a déclaré dans un communiqué que le nouveau conseil consultatif « doit donner la priorité à la lutte contre l’antisémitisme », ajoutant qu’« une action urgente est nécessaire pour affronter le problème de front et sans délai ».

En 2024, B’nai Brith Canada a signalé qu’il y avait eu 6 219 cas signalés d’incidents antisémites au Canada, un record absolu pour le pays. Le Canada abrite environ 393 000 Juifs, dont la majorité réside à Toronto, selon l’American Jewish Year Book 2022.

Noah Shack, le PDG du Centre pour Israël et les Affaires juives, a déclaré dans un communiqué que son organisation s’attendait à « une action concrète immédiate sur les solutions que la communauté juive défend depuis longtemps, y compris le soutien à la sécurité et la lutte contre les sources de la haine ».

« Il est crucial que la nouvelle approche du gouvernement et la composition du conseil consultatif soient conçues pour obtenir des résultats significatifs dans la lutte contre la vague sans précédent d’antisémitisme et d’extrémisme au Canada », a poursuivi Shack.

Cette restructuration intervient près d’un an après le début du mandat du Premier ministre Mark Carney, un libéral élu dans le contexte d’une réaction violente contre le président américain Donald Trump. Cela s’inscrit dans un contexte d’inquiétudes générales quant à savoir si les intérêts juifs peuvent être pris en compte de manière adéquate dans un cadre général d’inclusion.

D’autres groupes juifs canadiens ont dénoncé avec plus de fermeté la nouvelle approche. Le Centre du patrimoine juif de l’Ouest canadien a écrit dans un message sur Facebook qu’il avait reçu la nouvelle selon laquelle le rôle d’envoyé pour l’antisémitisme serait supprimé, avec « une immense déception et une immense inquiétude ».

L’Abraham Global Peace Initiative a également critiqué la décision, écrivant dans un article sur X que « la suppression pure et simple du poste soulève des questions fondamentales sur la manière dont le Canada entend remplir ses obligations internationales de préserver la mémoire de l’Holocauste et de lutter contre l’antisémitisme.

« Le poste étant désormais aboli, on ne sait pas clairement qui sera chargé de mettre en œuvre ce mandat, de garantir la responsabilité ou de coordonner la politique nationale à une époque d’antisémitisme sans précédent », poursuit le message. « L’absence d’un organisme dédié remet également en question la manière dont la mémoire de l’Holocauste sera préservée au Canada. »

L’envoyé américain pour l’antisémitisme sous Trump, Yehuda Kaploun, a utilisé son rôle pour promouvoir la répression de l’immigration par Trump.


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