L’ambassadeur israélien en France Joshua Zarka a rencontré mercredi la dirigeante d’extrême droite française Marine Le Pen, marquant le dernier exemple en date d’une récente tendance d’ouverture israélienne à la droite nationaliste européenne.
La réunion, qui n’a été annoncée publiquement par aucun des deux dirigeants, a été confirmée par l’ambassade israélienne au journal français Le Parisien. On ne savait pas exactement de quoi les deux hommes avaient discuté.
La rencontre entre Zarka et Le Pen, ancien président du Rassemblement national d’extrême droite français, intervient plus d’un an après que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé que le pays lèverait son boycott de longue date des partis d’extrême droite en Suède, en France et en Espagne.
Israël continue de ne pas s’engager avec les partis d’extrême droite en Allemagne, et le ministre de la Diaspora Amichai Chikli, qui a invité les dirigeants de partis ayant un passé d’antisémitisme à des conférences qu’il a organisées en Israël, a cité le parti Alternative pour l’Allemagne comme exemple d’un parti qui ne s’est pas suffisamment débarrassé de ses racines antisémites.
Le Rassemblement national a été fondé sous le nom de Front national en 1972 par le père de Le Pen, Jean Marie le Pen, qui a fréquemment épousé une rhétorique raciste et antisémite et a été reconnu coupable de négation de l’Holocauste en 1987.
Le parti a depuis tenté de se démarquer de son histoire antisémite, avec son leader actuel, Jordan Bardella, en visite à Jérusalem en mars dernier pour la Conférence internationale du pays sur la lutte contre l’antisémitisme, où il a prononcé le discours d’ouverture.
Les relations diplomatiques entre Israël et la France se sont détériorées ces dernières années, le président français Emmanuel Macron ayant critiqué publiquement la conduite d’Israël pendant la guerre à Gaza et reconnaissant officiellement l’État palestinien à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.
En mai dernier, Le Pen a riposté à Macron après avoir déclaré lors d’une apparition télévisée que « ce que fait aujourd’hui le gouvernement de Benjamin Netanyahu est inacceptable » et « une honte ».
« Je trouve cette déclaration indigne du président de la République française », a répondu Le Pen. « Il ne cesse d’augmenter ses critiques à l’égard d’Israël, peut-être parce qu’il est incapable d’apporter une solution pour faciliter la lutte contre le fondamentalisme islamiste. »
Alors que Le Pen a longtemps exprimé son soutien à Israël, la semaine dernière, elle a apporté son soutien à la proposition de Macron d’inclure le Liban dans un cessez-le-feu régional, à laquelle Israël s’était auparavant opposé.
« Il est du devoir de notre pays de protéger le Liban, son peuple et sa souveraineté », a écrit Le Pen dans un message sur X. « Ce pays est une fois de plus une victime collatérale des tensions dans la région, subissant des bombardements massifs sur sa capitale. Je soutiens la proposition de la France d’inclure le Liban dans le cadre du cessez-le-feu régional. »
Les dirigeants israéliens ont repoussé les demandes de Macron et ont refusé de permettre au pays de s’impliquer dans des pourparlers directs entre Israël et le Liban, qui étaient auparavant sous mandat français.
« Nous aimerions garder les Français aussi éloignés que possible de presque tout, mais particulièrement lorsqu’il s’agit de négociations de paix », a déclaré aux journalistes Yechiel Leiter, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, plus tôt cette semaine, à la suite des pourparlers de cessez-le-feu entre Israël et le Liban mardi.
Jeudi, le président Donald Trump a annoncé qu’Israël et le Liban étaient convenus d’un cessez-le-feu de 10 jours.
Le Pen a également critiqué les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, déclarant au Parisien le mois dernier que Trump « n’avait clairement pas pleinement apprécié l’impact de son intervention ».
Le Pen attend actuellement une décision de justice en juillet qui déterminera si elle peut se présenter à l’élection présidentielle française de l’année prochaine, après sa condamnation l’année dernière pour détournement des fonds du Parlement européen à des fins politiques.
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L’ambassadeur d’Israël rencontre Marine Le Pen en France, élargissant ainsi ses contacts avec l’extrême droite européenne, apparu en premier sur Jewish Telegraphic Agency.